Votre main hésite au-dessus du bouton de réservation. Ce n’est peut-être pas le bon moment, peut-être pas si important… Ce blocage revient fréquemment chez les auteurs et autrices que je croise. Je le connais aussi (je suis une introvertie notoire !). Il ne se rapporte pas à la qualité de ce que vous écrivez ou au talent que vous pensez avoir (ou pas !), mais à quelque chose de plus difficile à nommer : le droit qu’on s’autorise à demander de l’aide. C’est une variante du syndrome de l’imposteur chez l’auteur que j’ai évoqué ici. C’est plus le besoin que la compétence qui est mis en doute et ça change tout dans la façon de comprendre et dépasser ce blocage.
Le syndrome de l’imposteur chez l’auteur en version rendez-vous pro
Avant de chercher à se défaire de ce blocage, il faut comprendre précisément ce qui se joue dans cette hésitation. Le mécanisme est en effet plus subtil qu’un simple manque de confiance en soi.
Comprendre le blocage
Le mécanisme se répète souvent de la même façon : on se persuade qu’on n’a pas vraiment besoin d’aide, que son problème n’est pas assez sérieux ou légitime pour occuper le temps d’un professionnel. Et ce, alors même qu’on cherche une solution depuis des semaines ou des mois ! Vous relisez votre message de demande de rendez-vous, ouvrez et refermez cinquante fois le calendrier de réservation, sans jamais passer à l’acte.
Ce qui se joue là ne relève pas d’un doute sur vos compétences d’écriture ou sur la valeur de votre travail, mais d’un doute sur la légitimité de votre propre besoin. Vous savez, c’est comme quand on a mal quelque part et qu’on se dit « oh, pas la peine d’embêter un médecin avec ça, ça va passer ». En version pro, ça donne des réflexions du style :
- Je peux gérer ça moi-même.
- D’autres ont des problèmes plus graves que le mien.
- Je vais faire perdre du temps à quelqu’un pour un sujet qui n’en vaut peut-être pas la peine.
Vous vous reconnaissez dans ces phrases ? Bienvenue au club !
Un aveu personnel : je suis comme ça aussi
J’en parle avec d’autant plus de facilité que je suis exactement comme ça. J’hésite souvent à réserver des rendez-vous professionnels (et même personnels parfois !). Je me dis que je n’en ai pas besoin, que je devrais pouvoir régler ça toute seule ou que ce n’est peut-être pas si urgent après tout. Au début, je me disais que c’était une sorte de fierté mal placée, mais c’est en réalité une appréhension plus profonde à accepter qu’on ne peut pas tout faire tout seul.
Ce n’est pas un aveu confortable à faire, mais je pense que c’est précisément parce que ce blocage reste tabou, presque honteux, qu’il continue de faire autant de dégâts silencieux. Personne ne publie de posts sur les rendez-vous qu’il n’a jamais osé prendre !

Pourquoi ce blocage touche particulièrement les auteurs et autrices
Ce mécanisme n’est pas propre au monde de l’écriture, mais il y trouve un terrain particulièrement fertile, pour deux raisons précises qui se renforcent l’une l’autre.
Une culture de l’autonomie et de la solitude créative
L’écriture est un acte solitaire par nature. Personne d’autre ne peut s’asseoir à votre place devant la page blanche, trouver les mots, résoudre le problème de structure qui bloque le chapitre douze. Cette solitude fait partie intégrante du métier d’écrivain et la plupart d’entre nous ont apprivoisé ce qu’on pourrait considérer comme un défaut. Parfois, elle nourrit même notre travail.
Le problème survient quand cette habitude de tout porter en solo dans la création déborde sur tout le reste de l’activité. La communication, la stratégie de vente, le choix des bons canaux, la construction d’un pitch, la définition d’un positionnement. Ce sont des compétences complètement différentes de l’écriture elle-même, qui ne demandent pas la même discipline et ne se travaillent pas dans la solitude. Pourtant, le réflexe de gérer ça dans son coin, forgé par des années de pratique de l’écriture, continue de s’appliquer par habitude, sans qu’on se pose la question de sa pertinence sur ce nouveau terrain.
La peur d’être jugé sur un sujet où l’on se sent déjà illégitime
Il y a une seconde raison, plus insidieuse encore. Sur l’écriture, l’auteur ou l’autrice a généralement construit sa légitimité à travers des années de pratique, des lectures, parfois des formations. Publier plusieurs livres et rencontrer son public viennent asseoir cette compétence. Même en cas de doute ou face à des critiques négatives, on a un socle sur lequel s’appuyer.
Sur la communication et la stratégie de vente, ce socle n’existe généralement pas encore. C’est un territoire étranger, appris sur le tas, souvent dans l’urgence, sans formation initiale. Cette absence de légitimité construite amplifie la gêne à demander de l’aide sur ce terrain précis. On a l’impression de révéler une faiblesse personnelle, alors qu’il ne s’agit que d’un manque de compétence technique tout à fait normal sur un sujet qu’on n’a jamais eu l’occasion d’aborder. Personne ne naît en sachant construire une stratégie de communication, exactement comme personne ne naît en sachant structurer un roman.
Se préparer pour ne pas laisser la peur décider à votre place
Comprendre le mécanisme ne suffit pas à le désamorcer au moment de cliquer sur « prendre rendez-vous ». Il reste encore deux leviers à activer pour que la décision ne soit plus bloquée par la peur.
Un rendez-vous gratuit et sans engagement
Un format comme un diagnostic gratuit et sans engagement ou un appel découverte implique des conditions très différentes de ce qu’on imagine souvent avant d’y être. Il n’y a aucune obligation d’achat à la fin, aucune pression commerciale déguisée en conseil (en tout cas, si le professionnel est… professionnel !). C’est un cadre pensé justement pour vous aider à clarifier votre besoin réel et lever les incertitudes. Normalement, un bon pro saura vous dire « en effet, vous n’avez pas besoin de moi » si tel est le cas.
Ce qui bloque au moment de réserver est presque toujours une projection : on va me juger, me mettre la pression pour acheter, je vais me sentir dans l’obligation de prendre un format payant… Le doute sur la légitimité du besoin se résout généralement en quelques minutes de conversation, pas en plusieurs semaines d’hésitation solitaire face à un bouton de réservation. Personnellement, je sais assez vite si je peux aider un auteur ou une autrice à mieux communiquer sur ses livres. Et si ça ne relève pas de la communication, je renvoie la personne vers une autre personne qui me semble plus à même de l’aider.
Trois questions avant de ne pas réserver
Avant de refermer la page de rendez-vous une fois de plus, je vous propose de vous poser trois questions pour sortir de la boucle du doute :
- Qu’est-ce qui, précisément, vous fait dire que vous n’avez pas besoin de ce rendez-vous ? Est-ce un fait vérifié ou juste une impression née de la comparaison avec d’autres personnes dont vous imaginez les problèmes plus graves que les vôtres ?
- Depuis combien de temps ce sujet revient-il sans être résolu par vous-même ? Un problème qui persiste depuis des semaines ou des mois, malgré vos tentatives pour le régler, est rarement un écueil mineur dont vous pourrez vous sortir sans aide extérieure.
- Qu’est-ce que ça vous coûte vraiment de vérifier si un regard extérieur change quelque chose ? La plupart du temps, la réponse tient en un mot : rien, ou pas grand chose (surtout si le professionnel propose un premier diagnostic gratuit).
Le syndrome de l’imposteur chez l’auteur ou l’autrice va plus loin que les doutes sur la qualité de son texte. C’est un mécanisme psychologique courant chez les artistes habitués à tout gérer seuls par habitude créative. Le comprendre ne suffit pas à faire disparaître ce blocage d’un coup, mais ça permet de reconnaître ce qui se joue vraiment. Si l’une des questions ci-dessus vous a fait tiquer à propos de vos ventes de livres, mon diagnostic Comm’Phare est justement pensé pour ça : en 30 minutes, on vérifie ensemble si je peux vous aider. C’est gratuit et sans engagement (parfois, ça suffit même pour débloquer des choses, sans aller sur un accompagnement payant !). Réservez donc votre rendez-vous Comm’Phare juste là.
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