C’est un fait, l’autoédition a dépassé son âge d’or. En plein essor lorsque j’ai commencé à publier en 2015, la concurrence se fait plus rude. Les premières années, je vendais entre 3500 et 4500 exemplaires par an de mes romans (avec 4 titres !). Puis ça a chuté, jusqu’à atteindre péniblement 500-600 exemplaires annuels (avec 9 titres). Aujourd’hui, des milliers d’auteurs et autrices sortent leurs romans, essais et guides pratiques, sans parler des traductions et des contenus produits avec l’IA ou que l’on appelle « low content » (les carnets et autres cahiers à remplir). Face à cette abondance de publications, comment sortir du lot et faire face à la concurrence ? Comment attirer des lecteurs et lectrices ? La concurrence en autoédition n’est pas une barrière infranchissable et constitue au contraire un moteur pour affiner votre positionnement, développer votre audience et affirmer votre identité d’auteur ou d’autrice.
Comprendre la concurrence en autoédition
Avant de chercher à vous démarquer, il faut comprendre l’environnement dans lequel vous évoluez. La concurrence en autoédition est une réalité, mais elle ne constitue pas forcément une menace.
La réalité du marché
L’autoédition a explosé ces dernières années grâce aux plateformes comme Amazon KDP, Kobo Writing Life ou Apple Books, poussées par l‘essor du livre numérique et celui de l’impression à la demande. Ces technologies ont rendu accessible à tout un chacun la possibilité de publier un livre rapidement et à moindre coût.
Résultat ? Des milliers de nouveaux titres paraissent chaque mois, dans tous les genres littéraires. Le nombre de titres autoédités déposés au Dépôt Légal de la BnF représentait 12% du volume en 2010 et 20% en 2019.
Les lecteurs ont plus de choix, certes, mais l’adage « trop de choix tue le choix » est encore plus vrai. Selon une étude du ministère de la Culture, les 30% de titres autopubliés entre 2007 et 2016 ne représentent que 0,3 % des ventes totales de livres. Un auteur vend en moyenne… 22 exemplaires imprimés par livre autoédité.
Conséquence de cette saturation du marché : les auteurs et autrices doivent redoubler d’efforts pour se faire remarquer. Pour autant, l’existence de cette concurrence prouve qu’il existe un marché hyper dynamique avec de nombreux lecteurs potentiels. L’enjeu : les attirer vers soi.
Un obstacle surmontable
Plutôt que de voir cette concurrence en autoédition comme une menace, on peut l’envisager autrement. D’abord, considérez qu’il y a de la place pour tout le monde. Chaque livre trouve son public, à condition d’être bien positionné. Chaque lecteur et lectrice cherche quelque chose de différent dans un livre et il y aura toujours des personnes attirées par votre style ou votre univers.
Ensuite, votre authenticité est votre atout. Contrairement aux maisons d’édition qui publient selon les tendances et les impératifs commerciaux, vous avez la liberté d’écrire ce qui vous passionne vraiment. Et ça, ça se ressent dans votre écriture !
Surtout, les gens ne lisent pas qu’un seul livre (ou qu’un seul genre). Un passionné de romance historique ou de SF ne va pas se contenter de lire un seul auteur et en cherchera plusieurs dans son genre préféré. Dans les cercles de lecture physiques ou virtuels, les lecteurs et lectrices partagent leurs recommandations et un auteur ou une autrice découvert par le biais d’un autre peut voir son audience grandir rapidement. Partez du principe que les auteurs et autrices écrivant dans le même genre sont, non pas des concurrents, mais des alliés !
Se différencier de la concurrence en autoédition
Se différencier, ça ne veut pas dire crier plus fort que les autres, mais plutôt trouver ce qui fait votre singularité et l’affirmer.
Trouver son positionnement
Votre livre n’est pas qu’un simple produit parmi d’autres : il porte votre univers, votre voix, votre style. Mais pour que les lecteurs et lectrices le remarquent, il faut clarifier ce qui le rend unique en travaillant sur son identité d’auteur ou d’autrice.
Pour cela, vous pouvez vous demander par exemple :
- ce qui caractérise votre écriture (une approche, un ton, un genre particulier…)
- quels thèmes reviennent souvent dans vos histoires
- le type de lectorat que vos livres peut toucher.
Un positionnement clair, c’est par exemple le fait d’écrire des thrillers historiques avec une touche féministe. Vous vous adressez aussi bien aux amateurs de thrillers, qu’à ceux qui aiment l’Histoire ou encore ceux qui apprécient des héroïnes fortes.
Soigner son image d’auteur ou d’autrice
Les lecteurs et lectrices ne s’attachent pas qu’à une histoire, mais aussi à la personne qui l’a écrite. Votre présence en ligne doit donc refléter votre univers littéraire et donner envie de vous suivre.
- Votre branding (c’est-à-dire votre « marque personnelle ») doit être cohérent avec votre univers, utiliser des visuels pertinents et une ligne éditoriale adaptée à votre cible sur les réseaux sociaux.
- Privilégiez une communication authentique, en partageant vos coulisses, vos inspirations, vos réflexions ou vos doutes.
- Soyez régulier dans vos contenus, sans pour autant essayer d’être partout. Sélectionnez un ou deux canaux où votre cible est présente. Par exemple, un auteur de fantasy peut choisir Instagram avec des visuels inspirants de son univers et un blog pour détailler ses recherches.
La clé, c’est que votre présence en ligne soit alignée avec votre identité d’écrivain.
Travailler son réseau
En autoédition, contrairement aux idées reçues, il ne faut pas rester seul ! Tisser des liens avec d’autres auteurs et autrices est un excellent moyen de gagner en visibilité. Vous pouvez par exemple échanger des articles de blog ou effectuer des interviews croisées sur les réseaux avec un auteur ou une autrice qui écrit le même genre de livres que vous… ou qui cible un lectorat identique.
Certains groupes Facebook, Instagram ou Discord sont aussi de véritables mines d’or pour s’entraider et partager des astuces, mais aussi faire jouer l’effet de recommandation qui est un levier puissant pour l’achat. Encore une fois, vous n’allez pas vous piquer vos lecteurs et lectrices en faisant ça, puisqu’une personne ne lit jamais qu’un seul livre ou qu’un seul auteur !
Interagir avec votre lectorat est aussi important pour améliorer votre visibilité. Posez-leur des questions, impliquez-les dans votre processus d’écriture, par exemple en les sollicitant pour le choix du titre ou du visuel de couverture ou encore pour donner un prénom à un personnage.
Attirer et fidéliser malgré la concurrence
Du fait de la concurrence, écrire un bon livre ne suffit pas pour le vendre en autoédition. Il doit aussi trouver son public et le fidéliser.
Optimiser la visibilité de son livre
Si votre livre est bien positionné, il sera plus facile à trouver. Soignez pour cela votre fiche produit sur Amazon, les autres plateformes de vente et sur votre site Internet, avec un titre accrocheur et une description claire et percutante. Allez au-delà du simple résumé/4e de couverture et ajoutez des éléments piochés dans votre note d’intention (pourquoi vous avez écrit ce livre, ce qu’il représente pour vous…). Une vidéo bande-annonce (booktrailer) est aussi une bonne idée.
Travaillez vos mots-clés pour apparaître dans les recherches des lecteurs et lectrices intéressés par votre genre. À cet égard, le choix des catégories est particulièrement important : évitez de le faire au pif !
Enfin, sollicitez des avis de lecteurs et lectrices dès le lancement pour avoir de la « preuve sociale » sur la page de votre livre. Un ouvrage bien noté se vendra plus facilement qu’un livre qui n’a jamais été acheté/évalué.
Construire une communauté fidèle
Les lecteurs et lectrices qui vous découvrent une première fois reviendront et achèteront vos futures publications si vous créez un lien avec eux. Mais encore faut-il vous donner les moyens de pouvoir les contacter ! Depuis que j’ai une newsletter d’autrice, j’ai glissé le lien d’abonnement à la fin de chacun de mes livres en invitant les lecteurs et lectrices à s’abonner.
Ainsi, je peux leur offrir des bonus et du contenu exclusif (chapitre inédit, nouvelle gratuite…), mais aussi les informer en avant-première de mes prochaines parutions ou de l’avancée dans l’écriture du prochain roman.
L’essor de l’autoédition créé des doutes tout à fait normaux quant à la concurrence. Au lieu de la voir comme un mur infranchissable, considérez-la comme un signe de dynamisme. Elle nous impose aussi de s’améliorer et d’affiner sa stratégie pour être visible et se démarquer. Si vous voulez encore plus de conseils concrets pour vous organiser et mieux vendre vos livres, inscrivez-vous à la newsletter Comm’Un Roman !
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