À la fin de l’année, beaucoup d’auteurs et d’autrices ressentent de la fatigue et des doutes, parfois mêlée à de la fierté. Mais les questions se bousculent : ai-je assez écrit ? Ai-je avancé comme je voulais ? Pourquoi je n’arrive pas à terminer ce livre ? Le bilan d’écriture annuel ne sert pas à se juger ni à dresser un palmarès. Il offre surtout la possibilité de prendre du recul et regarder son parcours avec honnêteté et lucidité. Souvent, on se rend compte qu’on a fait beaucoup plus de choses qu’on ne le pensait. Je vous explique pourquoi et comment faire votre bilan d’écriture annuel pour vous relancer dans l’écriture !
Pourquoi faire un bilan d’écriture annuel
Prendre conscience du chemin parcouru
Quand on écrit, on avance souvent la tête dans le guidon. Les mots s’ajoutent les uns aux autres, les projets s’enchaînent, les périodes de doutes alternent avec les phases d’élan créatif. Tout va bien si ces dernières sont plus nombreuses ! Mais, bien souvent, tout ça finit par se fondre et laisse une impression floue de « pas fini », voire d’échec. Et notre cher ami le syndrome de l’imposteur refait surface : « Je ne serai jamais écrivain », « Ce que j’écris est nul », etc.
Faire un bilan d’écriture annuel, ça permet d’abord de remettre les points sur les i, l’église au milieu du village, de voir net et d’avoir des données factuelles :
- nombre de textes écrits ;
- projets terminés ou abandonnés ;
- étapes franchies ;
- apprentissages réalisés….
À la fin de votre bilan, vous vous rendrez souvent compte que cette année qui vous paraissait a priori « pauvre » a finalement été bien remplie ! Et ça, c’est bon pour le moral 😁🎶.
Sortir d’une logique de performance
Beaucoup d’auteurs et d’autrices évaluent leur année uniquement à l’aune d’un chiffre : nombre de mots, de pages ou de publications. Les réseaux sociaux incitent en plus à se comparer aux autres, qui ont sorti deux romans dans l’année ou qui avancent sur trois projets en cours. Or, l’écriture ne se résume pas à une production visible.
Une année peut être féconde sans aboutir à une publication. Recherche, maturation, réécriture, formation, lectures… Le bilan d’écriture annuel vous aide à identifier et valoriser ces phases souvent invisibles, mais indispensables pour nourrir votre créativité. C’est pourquoi, au-delà des chiffres, on intègre aussi des éléments plus subjectifs et qualitatifs, au premier rang desquels le plaisir.
Le bilan met aussi en lumière les écarts entre ce qu’on espérait et ce qui s’est réellement passé. Pas pour se blâmer, mais pour comprendre. Surcharge mentale, manque de temps, priorités mal alignées, projets trop ambitieux : identifier les décalages permet d’ajuster vos attentes et vos objectifs pour la suite.

Ce qu’un bilan d’écriture annuel révèle
C’est un outil riche d’enseignements sur vous et votre pratique.
Vos rythmes naturels
Certaines périodes de l’année favorisent l’écriture et d’autres la freinent. Le bilan annuel permet de repérer vos cycles personnels. Peut-être écrivez-vous mieux ou plus longtemps l’été que l’hiver. Peut-être que vous écrivez un peu tous les jours, toute l’année, ou alors vous préférez bloquer trois mois pour écrire à fond un premier jet.
Identifier et connaître ses rythmes vous aide à cesser de lutter contre vous-même. On vous dit qu’il faut écrire tous les jours, OK, mais si vous êtes plus créatif sur des périodes courtes et intensives, à quoi bon vous forcer toute l’année ?
Vos projets porteurs et ceux qui épuisent
Tous les projets n’ont pas la même énergie. Le bilan met en évidence ceux qui nourrissent l’envie d’écrire et ceux qui la grignotent. Ce constat n’implique pas d’abandonner systématiquement ce qui est difficile, mais il invite à s’interroger.
- Ce projet correspond-il à vos envies ?
- Est-il trop exigeant à ce moment de votre vie ?
- A-t-il besoin d’être transformé pour être mené à bien ?
- etc.
Se poser ces questions évite de s’obstiner dans un chemin qui ne vous correspond pas (ou plus). Et vous pourrez ainsi reprendre du plaisir à vous concentrer sur ce qui vous motive.
Le bilan d’écriture annuel révèle aussi la place qu’occupe l’écriture dans votre quotidien. Est-elle source de joie, de pression, d’obligation ? Écrivez-vous par plaisir ou par injonction ? Ces questions, parfois inconfortables, sont pourtant essentielles pour comprendre votre rapport à l’écriture et construire une relation durable avec elle.
Comment réaliser un bilan d’écriture annuel utile et sans pression
La réalisation d’un bilan annuel se déroule en deux étapes.
1. Revenir aux faits
Avant toute analyse, commencez par réunir des éléments concrets et factuels (projets écrits ou retravaillés, textes publiés, formations suivies, retours et avis reçus, périodes d’arrêt…). Cette étape permet de limiter l’autocritique excessive.
Posez-vous les bonnes questions, parce qu’un bon bilan repose moins sur les chiffres que sur des réponses à des interrogations :
- Qu’est ce qui m’a donné envie d’écrire cette année ?
- Qu’est-ce qui m’a freiné ou découragé ?
- Qu’ai-je appris sur ma façon d’écrire ?
- De quoi ai-je manqué (temps, cadre, soutien, confiance…) ?
Ces réponses esquissent déjà des pistes pour l’année suivante.
Prenez en compte les projets qui n’ont pas abouti. Le bilan permet de leur donner une place sans les considérer comme des échecs. Un projet abandonné peut avoir rempli une autre fonction : apprendre, tester, clarifier une direction… Savoir fermer certaines portes fait aussi partie du parcours d’auteur ou d’autrice.
2. Transformer le bilan en tremplin
Le bilan sert de base pour définir votre intention, plutôt qu’un programme rigide. Il importe de clarifier vos priorités d’écriture pour cette nouvelle année. Souhaitez-vous par exemple :
- terminer un projet précis ?
- explorer un nouveau genre ?
- écrire moins, mais mieux ?
- vous perfectionner sur une technique particulière ?
Cette clarification évite de multiplier les objectifs contradictoires. Pour ma part, en 2025-2026, j’ai établi trois priorités pour l’écriture :
- publier mon premier guide pratique Le Cap des 100 exemplaires ;
- accompagner la sortie de ma romance historique chez Harlequin (roman 10) ;
- démarrer l’écriture de Roman 11 (un roman historique).
Le bilan invite ensuite à construire une année réaliste, en ajustant vos ambitions à votre énergie, vos contraintes et vos envies profondes. C’est beaucoup plus motivant qu’un idéal inatteignable et, surtout, ça préserve le plaisir de l’écriture.
Enfin, le bilan d’écriture annuel rappelle une évidence qu’on oublie parfois : écrire reste un acte intime et sensible. Retrouver ce qui vous relie au plaisir d’écrire donne du sens aux efforts à fournir.
Le bilan d’écriture annuel n’est pas un examen (et ce n’est pas une obligation non plus). Considérez-le comme un espace de dialogue avec vous-même pour comprendre votre parcours et reconnaître vos avancée. Il est utile pour redonner une direction à votre écriture, sans vous mettre la pression. Prendre ce temps, même bref, transforme souvent votre regard sur l’année écoulée. Au lieu d’avoir l’impression de n’avoir rien fait, vous aurez le sentiment d’avoir accompli quelque chose. Vous pourrez ainsi aborder cette nouvelle année d’écriture avec lucidité et confiance. Et si vous souhaitez d’autres conseils pour publier vos livres et les vendre, recevez ma newsletter gratuite sur la communication des auteurs et autrices : je m’abonne à l’Astrolabe de la Comm’.
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