Faut-il vraiment communiquer pendant l’été ?

Chaque été, la même question revient chez les auteurs et autrices (mais pas qu’eux !) : faut-il ralentir sa communication, s’arrêter complètement, ou continuer comme si de rien n’était ? La question part souvent d’un mauvais postulat, celui d’un rythme habituel intense qu’il faudrait suspendre temporairement pour tenir la période estivale.

Mon rythme ne change pas fondamentalement en juillet et août et je continue à communiquer pendant l’été. Pas parce que je suis increvable (loin de là !), mais parce que j’ai déjà ralenti ma communication toute l’année pour qu’elle soit soutenable sans épuisement. L’été ne fait que confirmer ce choix plutôt que de le provoquer. Reste une question à traiter : votre audience, elle, change souvent de comportement en été et ça mérite d’ajuster certaines choses sans pour autant tout arrêter.

Pourquoi la question de communiquer pendant l’été revient toujours

Deux tentations opposées traversent la plupart des auteurs et autrices en juillet et août :

  • la culpabilité de ralentir, avec la peur de disparaître, de perdre le lien tissé avec son lectorat, de devoir tout reconstruire à la rentrée ;
  • l‘épuisement de maintenir un rythme normal alors que l’énergie est ailleurs, en vacances, dans l’écriture d’un roman en cours ou dans la vie personnelle qui nécessite une pause.

Moins de sollicitations ou moins de trafic sur un site ne signifie pas que communiquer pendant l’été ne sert à rien. Votre lectorat continue d’exister, mais il a simplement une disponibilité différente. Une lectrice en vacances qui ouvre moins ses emails n’a pas disparu, elle a juste changé temporairement de rythme de lecture. Il ne faut pas confondre cette baisse de disponibilité avec une désaffection réelle et interrompre sa communication par découragement. Rien dans les chiffres ne le justifie !

Il y a cependant un signal à prendre au sérieux derrière cette question de communiquer pendant l’été : si cette période met à mal votre stratégie de communication au point de devoir tout arrêter pour tenir quelques semaines de congés, c’est souvent le signe que ce rythme était déjà trop lourd pour le reste de l’année. Un dispositif réellement tenable ne devrait pas nécessiter une pause radicale pour rester supportable. L’été agit ici comme un révélateur, pas comme un problème isolé. Il met en lumière une fatigue structurelle qui existait déjà bien avant juillet, mais que le rythme habituel masquait suffisamment pour ne pas se poser la question.

Une audience présente autrement

Ce serait malhonnête de prétendre que rien ne change côté audience. C’est une observation largement partagée par les professionnels de l’emailing et des réseaux sociaux : le trafic tend à baisser sur les sites web et les réseaux en juillet-août, les emails restent plus longtemps non lus et l’attention disponible de votre lectorat n’est plus la même qu’en pleine rentrée littéraire. Ignorer cet état de fait reviendrait à mal ajuster votre communication, mais il appelle des adaptations concrètes.

Adapter ses attentes et ses formats à la période

N’attendez pas les mêmes taux d’engagement en août qu’en octobre. Un post qui reçoit moins d’interactions cet été, c’est normal et cohérent avec une audience partiellement en vacances. Mesurer sa communication estivale à l’aune des résultats habituels du reste de l’année conduit souvent à une déception injustifiée qui ne doit pas vous pousser à tout arrêter par découragement.

Cet ajustement des attentes va de pair avec celui des formats. Pour communiquer pendant l’été, privilégiez des contenus courts et faciles à consommer en quelques secondes plutôt que des textes qui demandent une disponibilité mentale importante. Une lectrice sur la plage ou sur la route des vacances ouvre plus facilement un Reel court qu’un carrousel plein de texte, lit plus volontiers un article sur des recommandations de lecture qu’un texte de réflexion sur un thème profond. Bref, ce n’est pas le moment de lancer votre contenu le plus dense de l’année : gardez-le pour septembre, quand l’attention de votre lectorat sera revenue à un niveau plus proche de la normale.

communiquer pendant l'été autrice en vacances exemple de post instagram
Un exemple de post Instagram pour communiquer pendant l’été quand on est auteur ou autrice.

Transformer le creux estival en occasion de visibilité

Un paradoxe qu’on oublie souvent, c’est qu’une moins grande concurrence dans les flux d’actualité peut aussi jouer en votre faveur. Si une partie des comptes arrêtent complètement leur communication en été, ceux qui restent actifs captent une attention disponible plus facilement, avec moins de contenus concurrents à côté du leur. Ce creux rend le fait de communiquer pendant l’été particulièrement intéressant pour des initiatives qui passeraient inaperçues en pleine rentrée.

L’été se prête bien à des contenus qui sortent du registre habituel :

  • partager des photos ou des vidéos de votre destination de vacances (pas besoin d’être à l’autre bout du monde !) et notamment si vous écrivez pendant cette période ;
  • raconter un souvenir lié à un roman ou en cours d’écriture ;
  • montrer un lieu qui vous inspire pendant vos vacances…

Ce type de contenu, plus incarné et moins structuré qu’une publication classique, correspond bien à la disponibilité réduite de votre audience tout en renforçant votre proximité avec elle. Oui, un auteur ou une autrice prend aussi des vacances et continue (souvent) de penser à son roman pendant celles-ci !

Communiquer pendant l’été permet aussi de republier ou recontextualiser un contenu qui a bien fonctionné : une grande partie de votre audience actuelle n’a probablement jamais vu vos meilleurs articles publiés en janvier ou en mars. Un angle légèrement rafraîchi permet de maintenir une présence sans repartir à zéro sur la charge de création.

Enfin, avec des enjeux commerciaux généralement plus faibles, l’été offre une marge d’expérimentation confortable pour tester un nouveau format ou une tonalité plus personnelle, sans prendre le risque de décevoir une audience en pleine phase de décision d’achat.

Un rythme pensé pour être tenable toute l’année

De mon côté, ma newsletter sera envoyée comme d’habitude, comme mes billets de blog et mes publications sur les réseaux. Et pourtant, à partir du 21 août, je serai en vacances jusqu’au 6 septembre. Ce n’est pas parce que « j’habite en vacances » que j’ai décidé d’adopter un rythme modéré pour ma communication toute l’année. C’est un choix stratégique.

Un allègement assumé à l’année

Cette modération de rythme n’est donc pas une décision prise spécifiquement pour l’été, mais un choix structurel que j’assume toute l’année. Au début, j’ai fait comme tout le monde, une communication sur un volume intense suivi d’une pause de récupération. En fait, je préfère avoir un rythme constant, plus modeste, que je peux tenir sans interruption forcée, quelle que soit la saison ou les événements personnels qui traversent l’année.

Ma meilleure amie : la programmation. Elle permet de maintenir une présence régulière sans demander d’énergie au moment précis de la publication. Et ce n’est pas une astuce réservée aux vacances ! Je l’utilise aussi en dehors des périodes de congé, pour ne pas dépendre d’une disponibilité quotidienne que je n’ai pas toujours. Séparer la préparation d’un contenu de sa diffusion change profondément le rapport qu’on entretient avec sa communication, été comme hiver.

Concrètement, je prévois le sujet et la date de mes publications une fois par mois puis, chaque début de semaine, je les rédige et crée les visuels. Le jour dit, je n’ai plus qu’à publier. Si je sais que je serai absente le jour de publication, je programme. Et tout ça me prend moins de 2h par semaine en moyenne (je vous explique plus en détail comment je m’y prends dans mon atelier Comm’Escale Contenus).

Vérifier si son rythme tiendrait sans l’excuse des vacances

Il n’existe pas de règle universelle pour savoir s’il faut communiquer pendant l’été. En revanche, une question vous permet de mettre au clair votre propre équilibre : si vous retirez l’excuse de l’été, votre rythme de communication resterait-il supportable le reste de l’année ? Si la réponse est non, le problème n’est pas la saison, mais le rythme lui-même qui doit être révisé, bien au-delà de la seule période estivale.

Pour y répondre honnêtement, commencez par identifier ce qui coûte le plus cher en énergie dans votre communication actuelle. Distinguez ce qui demande une présence en temps réel, comme répondre aux messages ou créer du contenu au moment même de la publication, de ce qui peut être préparé à l’avance. Cette distinction permet souvent, déjà, d’alléger la charge ressentie, sans réduire votre présence effective auprès de votre lectorat.

La vraie question n’est finalement pas de savoir s’il faut communiquer pendant l’été, mais de construire un rythme tenable toute l’année, tout en ajustant vos attentes et vos formats à une audience réellement moins disponible. Un dispositif pensé pour être soutenable à l’année traverse l’été sans encombres et pourra même vous faire profiter d’un creux de concurrence pour gagner en visibilité ! Si vous voulez faire le point sur votre propre rythme, on peut en parler ensemble au cours du diagnostic Comm’Phare : pendant 30 minutes, on regarde ensemble ce qui, dans votre communication actuelle, tiendrait ou non sans l’excuse des vacances. Réservez vite votre créneau ici !

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