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Quand l’Histoire s’invite dans mes intrigues

Si l’Histoire était un personnage, ce serait sans doute une femme pleine de secrets, exigeante, passionnée et imprévisible (un peu comme moi, en fait 😁). C’est sans doute pour ça que je l’aime tant. Depuis mes premiers romans, elle me souffle des idées à l’oreille, m’impose des détours, m’oblige à creuser, à comprendre, à faire preuve de justesse… Mais surtout, elle m’inspire. Dans mes romans, elle n’est jamais là juste pour décorer ou poser le décor, même dans mes romans contemporains. Elle est au coeur même de mes choix, des conflits et des émotions de mes personnages. Voici comment l’Histoire influence mes romans et mon écriture.

L’Histoire comme point de départ d’un roman

Avant d’écrire un roman, il y a souvent une étincelle, parfois juste un détail :

  • une anecdote historique, comme la narration de la première représentation publique du Mariage de Figaro, racontée dans un magazine et qui m’a donné envie d’intégrer Beaumarchais dans mon histoire ;
  • une visite dans un lieu chargé de passé (comme Guerlédan ou le château de Suscinio dans L’alliance de Penthièvre) ;
  • un portrait de femme qui m’interpelle (comme Olympe de Gouges ou la prêtresse vaudou qui m’a inspirée Estazée dans la saga des Lumières) ;
  • une figure historique controversée ou pleine de zones d’ombres (comme Robespierre ou Louis XVI) et au sujet de laquelle j’ai envie de démonter des mythes.

Dans Le Vent des Lumières, je voulais raconter le destin d’une femme libre dans un monde d’hommes. L’époque des Lumières m’a offert ce contraste saisissant entre ouverture intellectuelle et rigidité sociale. Un terreau parfait pour un personnage de femme indocile !

L’Histoire m’attire quand elle résonne avec notre époque. Les conflits de pouvoir, les luttes pour l’émancipation, les tensions sociales ou les choix imposés par la naissance sont des sujets intemporels. En décrivant les débats de l’Assemblée Nationale en 1789, je me suis rendu compte qu’ils étaient à peu près aussi décousus que ceux de nos députés actuels (petites phrases assassines, grands discours éloquents ou regroupements parfois hasardeux).

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Plonger dans les archives pour écrire mon roman : quand une phrase oubliée ou une anecdote historique influence mon intrigue (photo Pixabay).

Écrire entre les lignes de l’Histoire

Je suis historienne de formation, mais écrire des romans historiques n’est pas une œuvre d’historienne. L’Histoire influence mes romans, mais elle n’est pas centrale. Mon rôle consiste à faire ressentir le climat d’une époque, pas de l’expliquer. Je lis, je me documente, je vérifie. Mais très vite, je me libère pour inventer. Pour cela, j’exploite les failles de l’Histoire, les zones d’ombre et les faits encore inexpliqués.

Dans Le sang des Lumières, par exemple, j’ai tiré parti des incertitudes sur la vie amoureuse de Robespierre. Certains historiens pensent qu’il n’a jamais eu de véritable histoire d’amour, d’autres oui. Dans mon roman, j’ai tissé une histoire entre le révolutionnaire et Éléonore autour des grands bouleversements révolutionnaires.

La plupart des événements historiques que je raconte sont réels. Quand j’en invente, je m’inspire souvent d’événements qui ont existé en les interprétant à ma sauce. Tous ont pour but de servir l’évolution de mon personnage : ses contradictions, ses révoltes, ses engagements. L’Histoire devient un levier émotionnel qui influence mes romans, comme dans L’Alliance de Penthièvre.

Le roman s’ancre dans un épisode bien réel : l’alliance stratégique entre la Bretagne et l’Angleterre au XIVe siècle. Mais au lieu de le raconter de manière omnisciente (et objective) comme une historienne, je la fais vivre à travers le dilemme vécu par Pénélope, une noble bretonne contrainte d’épouser un Anglais qu’elle méprise. Là encore, l’Histoire me donne la situation de départ et c’est la fiction qui donne chair et souffle à l’histoire.

Donner chair à l’Histoire à travers mes personnages

Je n’écris pas sur l’Histoire : j’écris avec elle, à travers celles et ceux qui la traversent, parfois malgré eux. Mon objectif est de vous faire ressentir l’époque, ses dangers, ses contraintes, ses promesses… à travers les émotions des personnages.

Éléonore, dans Les Lumières d’Amériques, en est un bon exemple. De la Révolution haïtienne à la chute de Napoléon, elle est sans cesse bousculée par les forces de l’Histoire. Mais ce qui m’intéresse, c’est son regard, ses doutes, ses choix personnels. Comment continuer à aimer, à espérer, à lutter quand tout vacille autour de soi ?

Dans mes romans contemporains aussi, l’Histoire affleure souvent sous la surface. Le barrage de Guerlédan, les vestiges engloutis d’un passé disparu… Dans La dernière éclusière de Guerlédan, ce sont les mémoires familiales, les silences et les non-dits qui tracent les contours de l’intrigue. Là encore, l’Histoire ne se raconte pas en dates, mais en cicatrices.

A stunning view of the medieval Chateau de Suscinio, surrounded by lush greenery under a vibrant sky.
Les paysages bretons, chargés d’histoire, deviennent des personnages à part entière dans mes romans. Ici, le château de Suscinio où se déroule une partie de l’intrigue de L’Alliance de Penthièvre (photo Eric Poussin sur Pexels).

L’Histoire influence l’ambiance et les paysages de mes romans

Ce que j’aime dans le roman historique, c’est aussi son pouvoir d’évocation. La lumière d’un bougeoir sur une robe de velours, le silence d’un château endormi, l’odeur des manuscrits dans une bibliothèque oubliée. Ces détails sensoriels donnent vie à une époque. C’est d’ailleurs ce qui demande parfois le plus de recherches ! Je me souviens très bien des remarques de mon éditrice d’Harlequin sur L’Alliance de Penthièvre : il fallait « donner à voir, à entendre, à sentir, à toucher et à goûter ». Il fallait mettre l’accent sur les descriptions pour que les lectrices puissent se sentir vraiment immergées dans l’époque et les événements.

Je choisis mes décors avec soin, en particulier en Bretagne, ma terre de cœur. Les pierres, les falaises, les forêts, les landes… tout m’inspire, parce que tout est taillé par l’Histoire. Je ne peux pas m’empêcher de raconter l’histoire de tel château, de tel ville ou de tel monument, comme dans L’héritage oublié de Brocéliande ou L’Alliance de Penthièvre. Dans chaque roman, je cherche à vous emmener ailleurs, non pas dans une reconstitution figée, mais dans une immersion sensible, charnelle, parfois poétique. Là où la fiction permet de ressentir ce que les manuels d’Histoire ne peuvent transmettre.

L’Histoire influence souvent les intrigues de mes romans parce qu’elle me permet de poser des questions profondes. Chaque époque a ses douleurs et ses élans. En m’y plongeant, je cherche à faire résonner ce qu’il y a de plus universel en nous. Si ces coulisses d’écriture vous intéressent, rejoignez mes Coulisses d’autrice. Deux fois par mois, je partage avec vous des anecdotes historiques ou géographiques, mes coups de coeur et mon bilan du mois. 👉 Abonnez-vous ici !


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