Quand on parle de storytelling en communication, de nombreux auteurs et autrices lèvent les yeux au ciel. Pas par snobisme, mais par fatigue. Le mot est galvaudé, souvent vidé de son sens et accolé à des pratiques marketing bien loin de l’intention littéraire. Pourtant, vous pratiquez sûrement sans le savoir déjà le storytelling, comme M. Jourdain fait de la prose sans s’en rendre compte. Chaque fois que vous construisez un roman ou une nouvelle, vous faites appel aux ressorts narratifs qu’on utilise en storytelling pour capter l’attention, susciter des émotions et faire vivre une expérience. Comment utiliser ces techniques pour communiquer sur vos livres et votre univers ? Il suffit de changer de regard sur les contenus que vous partagez afin d’y injecter un peu de narration et raconter au lieu d’expliquer.
Le storytelling, c’est quoi au juste ?
Le storytelling est l’art de transmettre un message en racontant une histoire simple, concrète, ancrée dans le vécu et qui engage l’imaginaire ou l’émotion de la personne qui lit. Bien loin donc de la formule magique ou de la recette marketing.
En communication, cela veut dire qu’on ne se contente pas d’annoncer une information : on l’inscrit dans un récit avec un début, un obstacle et une transformation. Ce que vous racontez prend vie parce qu’il y a un fil, une tension, avec des émotions en jeu.
Pour autant, le storytelling n’est pas :
- une façon d’enjoliver la réalité ni de la manipuler
- réciter une fiche produit ou une quatrième de couverture
- une série de faits juxtaposés sans lien entre eux.
Le storytelling fonctionne parce qu’il active les zones du cerveau liées à l’émotion et à la mémoire. Une information brute s’oublie vite, tandis qu’une histoire reste parce qu’on s’y voit ou on s’y projette (les publicitaires jouent énormément là-dessus).
C’est ce pouvoir que les auteurs et autrices peuvent mobiliser dans leur communication en utilisant le storytelling. Pas en transformant tout en récit épique (ça serait trop artificiel), mais en apprenant à introduire une touche narrative dans vos posts, newsletters ou articles de blog.
Pourquoi les auteurs et autrices ont un avantage naturel à utiliser le storytelling
Si le storytelling rebute beaucoup de personnes, c’est parce qu’il est difficile à apprivoiser. Bonne nouvelle : en tant qu’auteur ou autrice, vous partez avec une longueur d’avance. Vous connaissez déjà les éléments clés d’un bon récit :
- construire des personnages
- créer une tension
- poser un décor
- choisir un ton…
Ce sont autant de compétences transposables dans votre communication. Ce qui vous manque n’est pas la capacité de raconter, c’est de vous autoriser à le faire en dehors de la fiction.
Un exemple : au lieu d’écrire « Mon nouveau roman sort aujourd’hui et est disponible sur Amazon », vous pourriez essayer « Ce matin, j’ai ouvert les yeux avec un mélange d’excitation et de vertige. Mon roman est là, disponible, prêt à quitter mon bureau pour vous rencontrer, mes lecteurs et lectrices. Il m’aura fallu deux ans, une montagne de doutes et trois hectolitres de café pour en arriver là… »
Le fond est le même : vous annoncez la sortie de votre livre. Mais le deuxième message touche davantage parce qu’il crée une image mentale et une émotion, même brève, en racontant un moment, une tranche de vie.
Le storytelling aide auteurs et autrices à montrer ce qui se passe derrière les coulisses, en mettant en lumière l’être humain derrière le livre. De cette manière, vous créez une relation plus profonde avec celles et ceux qui vous lisent.
Trois types d’histoires faciles à partager
Le storytelling ne consiste pas forcément à faire de longues confidences ou des récits intimes. De nombreux formats de narration brefs et efficaces se prêtent particulièrement bien à la communication d’auteur ou d’autrice.
Une anecdote personnelle
Courte, vivante et authentique, l’anecdote est idéale pour humaniser votre contenu. Il peut s’agir d’une souvenir lié à l’écriture d’un livre, d’un moment cocasse vécu en dédicace ou d’une petite victoire créative.
Exemple : « J’ai failli abandonner ce manuscrit à la page 43. Ce jour-là, tout me paraissait plat et sans intérêt. Et puis j’ai relu ce dialogue qui m’a arraché un sourire. J’ai repris l’écriture. Ce sourire a sauvé ce roman ! ».

Le chemin parcouru
Ce type de récit met en valeur une progression. Il rassure, inspire et crée une forme de proximité en racontant les étapes d’un projet ou les hauts et les bas du processus. Il montre que le résultat n’a rien de magique et que votre livre est le fruit d’un travail.
C’est ce que j’ai utilisé par exemple dans cet article pour expliquer comment j’ai écrit un roman sur commande pour Harlequin ou encore dans cet autre où je décris la genèse d’Oraison pour une île.
Une émotion ou une prise de conscience
Le storytelling peut aussi naître d’une simple émotion vécue. À travers un sentiment ou une pensée qui vous a traversé, vous pouvez partager votre réflexion avec votre audience. Par exemple, un auteur raconte : « J’ai reçu un message d’un lecteur qui me confie que mon roman lui a redonné le goût de la lecture. J’ai relu ses mots dix fois. Je ne connais pas cette personne, mais elle vient de me rappeler pourquoi j’écris ».
En storytelling, les histoires n’ont pas besoin d’être longues ou complexes. Elles doivent surtout être vraies, incarnées et trouver un écho chez vos lecteurs et lectrices.
Comment intégrer le storytelling à vos contenus
Inutile de tout réécrire sous forme de récit. L’idée est plutôt d’ajouter une dimension humaine, émotionnelle ou narrative à vos contenus existants, quel que soit le format que vous utilisez.
Dans vos publications sur les réseaux sociaux
Avant de partager une actualité, une citation ou un extrait de votre livre, prenez quelques lignes pour raconter le contexte : ce que vous ressentiez en l’écrivant, ce que cette scène évoque pour vous, l’inspiration derrière une phrase. Ce petit supplément d’âme donnera de la densité à votre publication.

Dans une newsletter
La newsletter est l’espace privilégié pour le storytelling des auteurs et autrices. Vous pouvez y raconter des tranches de vie d’autrice ou d’auteur, des coulisses d’écriture, une étape marquante, une rencontre en salon… Ce type de contenu renforce le lien et suscite l’attachement.
Pensez à alterner information et narration, par exemple en racontant une petite histoire suivie de vos nouveautés ou d’une annonce.
Dans un article de blog
Même si vous abordez un sujet pratique ou technique sur votre blog, vous pouvez tout à fait intégrer une expérience personnelle ou une anecdote en lien avec le thème (au contraire, ça incarne d’autant plus les faits). Par exemple, dans un article sur l’organisation de votre planning d’écriture, vous pouvez évoquer le moment où vous avez totalement perdu le fil et ce que ça vous a appris.
Dans vos pages de présentation
Votre page « à propos » sur votre site est l’endroit idéal pour intégrer une biographie narrative. Qui êtes-vous, pourquoi écrivez-vous, comment vos livres sont-ils nés ? Même chose pour la présentation d’un roman : vous pouvez raconter la genèse du projet en quelques lignes, en plus du résumé classique, comme je le fais par exemple sur mes pages.
Le storytelling s’infuse en réalité dans vos contenus existants, à travers une phrase, une image ou une anecdote. Il n’est pas réservé aux romans et peut devenir un véritable levier de communication pour les auteurs et autrices. En racontant vos doutes, vos élans ou les petites histoires derrière vos livres, vous créez une proximité avec votre lectorat et l’invitez à entrer dans votre univers. Pour aller plus loin sur l’écriture d’articles de blog et la création de contenus percutants, rejoignez dès maintenant l’atelier (Re)lancer son blog d’auteur et d’autrice.
📌Ce billet vous a plu ? Enregistrez-le sur Pinterest pour plus tard !📌





Laisser un commentaire